Ce matin là en se réveillant elle ressentie la pierre dans son ventre et la griffure de son cœur. Revenant du pays des cauchemars elle se rappela quel jour on était. Ce jour là même, le jour J. Jour de cérémonie.
Elle se leva, et puis non, pris son ordinateur sur ses genoux et resta au lit à flâner sur la toile, se vidant l'esprit, repoussant l'ultime moment.
Et puis il était 12h déjà...
Elle se dit qu'elle devrait surement essayer de fixer une heure pour la cérémonie, comme pour "une vraie"... Elle pensa au "vrai" enterrement, elle n'avait pas assisté à beaucoup, mais elle se souvenait de l'ambiance: le silence des larmes, la pudeur de la douleur, et le soutien de l'entourage.
Sa cérémonie à elle se ferait à huis-clos, à clos réduit même puisqu'elle serait seule à creuser le trou, déposer le corps, l'ensevelir, puis au dessus planter une jolie fleur en hommage à celle qui partait, à celle qu'elle déposait dans l'église végétale.
Hier soir elle avait finalisé la préparation à minuit par la confection du cercueil du coquillage, oui c'était bien ça un cercueil dans lequel il reposerait. Elle avait acheté du tulle et un ruban dorée, qu'elle cousit avec du fil bleu. Elle avait redouté cette étape de la préparation. Pour se donner du courage une fois de plus elle avait allumé une cigarette avant...
Puis elle avait disposé tous les éléments sur le sol, son cœur enflait de tristesse, le caillou dans son ventre s'alourdissait ... le poids de la douleur semblait lui griffer le cœur.
| Journal d'une cérémonie : préparatif |
Mais elle poursuivit son travail sans vaciller. Elle se laissa porter par le moment, elle avait acheter les éléments sans vraiment savoir comment confectionner la chose... mais ses mains réalisaient le travail avec assurance, comme si elles savaient, comme si inconsciemment son esprit avait déjà tout élaborée, elle fut même surprise de son propre calme malgré la douleur.
| Le linceuil |
Une fois le travail terminée elle fut contente et même un peu soulagée d'avoir confectionner ce linceul, qui ressemblait à un bonbon. A présent que cette grosse étape était accomplie, la douleur lui sembla plus supportable, pas plus légère juste plus supportable.
Elle alla se coucher sereine malgré qu'elle redoutait cette nuit qui devait la conduire au lendemain, le jour J.
Elle fixa 17h30, l'heure du rendez-vous ainsi, elle se poussait à accomplir son œuvre, ainsi elle s'aidait à réaliser sa mission que toujours elle redoutait, même avec la préparation qui était supposé l'aider, elle se rendait compte qu'elle ne pouvait plus se voiler la face, depuis 6 mois elle retardait l'événement, aujourd'hui elle n'avait pas d'autre choix que se rendre à 17h30 à ce rendez-vous. Elle devait se lever pour se préparer à sortir.
Alors 15h30 ou 17h30 le rendez vous ? ;-)
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RépondreSupprimerJustement j'ai du décalé!
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