Un an qu'elle n'avait pas mis les pieds dans cette chambre.
Un an tout juste qu'elle n'avait pas vu ses parents dans ce lieu.
Un an qu'elle n'était pas retournée dans sa ville natale, celle qu'elle considérait avec tant d'indifférence.
Et bien plus longtemps qu'elle n'avait pas dormi seule dans les draps de cette chambre rose...
Un an déjà, et quelle année intense, riche, dense, surprenante...
Et aujourd'hui elle était revenue pour une chose bien précise, une chose qu'elle craignait toujours un peu même si elle se sentait plus prête que par le passé. Elle avait décidé de prendre son temps pour accomplir sa tâche. Le temps de la maturation, le temps de la préparation, le temps du lâché. Le lâcher prise, le revoilà celui-là... Elle sourit à cette évocation. Le temps de l'adieu.
Elle avait décidé de faire une chose qu'elle n'avait jamais faite auparavant, se replonger dans les cahiers, ses journaux intimes qu'elle avait tenus depuis l'âge de 10 ans... Presque 18 ans d'écriture était là étalés sur son lit en 10 volumes...
Elle les avait sortis de leur carton avec fébrilité. Depuis qu'elle avait poussé la porte de sa chambre, elle n'attendait qu'une chose pouvoir se jeter sur eux pour les lire.
Sa mémoire, ses souvenirs d'enfances lui échappaient, lui avaient échappé, elle espérait en trouver en retrouver des bouts dans les lignes de ces 10 volumes de mots...
Dans le silence compact de la maison endormie elle n'était plus vraiment pressée de lire ses lignes...
La nuit fait apparaitre les démons se dit-elle, et là elle était au cœur de la nuit, elle s'y sentait... avec le froid qui avait gagné sa chambre, le silence pesait de tout son long sur la maison... La solitude enflait dans son ventre, la peur aussi. La peur d'aller fouillé un peu plus, et différemment ce passé qu'elle avait pris soin d'oublier... Elle redoutait ce moment, pourtant elle se sentait dévorée par la curiosité, et en même temps freinée par la crainte. retrouver ses mots d'enfants... C'était bien de réhabilitation de son enfant intérieur dont il était question là! Elle savait qu'elle avait rendez-vous avec lui. Et c'était cette part de lui en elle qu'elle sentait s'agiter, qu'elle sentait pleurer...
Elle regardait les carnets étalés là autour d'elle dociles. Elle attendrait d'avoir assez de courage, elle attendrait qu'il fasse jour demain, car sous la lumière et le soleil les épreuves paraissent plus supportables.
Très émouvant.... Quelle chance d'avoir tout gardé, tout rassemblé dans des cahiers! Un témoignage de toute ton enfance!
RépondreSupprimerJe crois que je n'oserais pas relire les miens! Mon lâché prise de Sorcière sera de les brûler tous, un jour. Un jour précis que j'aurais choisi. Un jour... Merci pour cette émotion partagée. Cette crainte je l'ai ressentie tout au creux du ventre en lisant tes lignes! Comme quand j'étais ado. ça m'a fait penser à l'Aveyron! Difficile de partir, difficile de revenir, difficile de se souvenir. Cette espèce de souffrance latente qui n'en est pas vraiment une et que l'on aime ressentir malgré tout. Cette conscience de soi qui grandi une fois satisfaite la curiosité de constater combien on a changé. Et puis la peur mêlée du temps qui passe, du temps écoulé entre les mots de cette enfant qu'on a été et la femme qu'on est aujourd'hui. A 16 ans je m'étais écris une lettre à moi même pour mes 26 ans! Je te raconterai... Bisous et bon courage pour ton adieu.
RépondreSupprimerC'est assez étrange de relire les mots de l'adolescente, qui sont finalement toujours les mêmes que ceux de la femme que je suis aujourd'hui!
RépondreSupprimerOui je suis d'accord, c'est chouette d'avoir tout garder!
Petite sorcière, personnellement je ne pourrais je crois jamais envisager de bruler ces pages de mots passé, ce serait pour moi un peu comme... Les supprimer, les tuer et ainsi tuer les mots/maux de cette adolescente a laquelle je tiens la main aujourd'hui, que j'aide à Réhabiliter, ce mot est un peu une obsession en ce moment!
Je suis ici pour cela, je m'y attache, et finalement j'en souffre moins que ce que je pouvais penser, peut-être même cela m'apporte un peu de paix... Un peu plus chaque jour à chaque étape!