dimanche 3 avril 2011

L'incontournable réparation et nos enfants intérieurs

La réparation, se réparer, restaurer ce qu'un jour nous à manquer. Quoi de plus humain ? Et de plus normal ?
Pourtant une réparation de carence mal placée peut aboutir à un effet contre-productif  totalement à l’ opposer de ce qui était souhaité au départ!... Ou au mieux elle est silencieuse et sans dommage! Ou au pire votre réparation peut en couter aux autres individus qui vous entourent...

C'est pourquoi j'ai toujours eu peur de la "réparation"!
Je me souviens avoir eu une conversation un jour avec mon analyste à ce sujet. Je lui posais la question anxieusement : "mais comment éviter la réparation ?"
"C'est inévitable." m'a-t-il répondu.
Mmh sa réponse ne m'a pas beaucoup satisfaite sur le moment puisque je voulais éviter la chose! .... Or comment accepter quelque chose dont on veut se préserver ?

Les mois ont passé et j'ai compris aujourd'hui qu'en réalité il existe de nombreuses manières de se "réparer" sans pour autant être dangereux ou nocif ou malvenu, ou inapproprié...

Il y a quelques semaines j'étais à la plage avec des amies et leurs enfants. Je les regardais jouer tous ensemble, il faisait beau. J'ai sorti mon appareil photo devenu un "incontournable" de mon sac à main, et j'ai mitraillée comme à mon habitude.
Et en prenant ces photos je me suis dit que cet acte même, totalement anodin, était effectivement une manière de faire, une manière de réparer de reconstruire de remplacer ce qui à manquer, ce qui m'a manqué.
Les photos sont des traces (thème qui m'est cher!) et devinez quoi, j'ai peu de photo de mon enfance...

Alors prendre des photos des enfants des autres et leur envoyer pour qu'ils puissent un jour les ressortir quelques années plus tard... C'est une manière pour moi de me réparer et aussi une envie de donner ces photos à leurs propriétaires!

J'ai une amie qui est maman, j'en ai plusieurs, mais c'est d'elle dont j'ai envie de parler aujourd'hui car c'est elle qui lors de sa dernière grossesse m'a "montré" un autre moyen de me réparer"
 Elle a confectionné pour ses fils un album photo de leur vie. Depuis les premières échographies, jusqu'à... toujours! Jusqu'à aujourd'hui du moins.
Vous aussi vous avez ce genre d'album qui raconte le début de votre vie d'enfant ?
Moi j'en avais un tout petit avec une dizaine de page, et dans cet album il manquait des choses, des personnes des événements, des souvenirs, alors il y a un an et demi j'ai décidé de faire moi-même l'album de mon enfance jusqu'à ... aujourd'hui peut-être!

Mon album est vert espoir, il est rempli de ma vie, de mon enfance, de mes vérités. J’y ai reconstitué ma vérité et de ma réalité, ce qui m’a permit de rendre à mes parents ce qui était de l’ordre de leur histoire et pas de la mienne.
Des images manquaient, je n’ai pas par exemple de photo de ma mère enceinte alors je les ai reconstruites, ou dessinées ou montées. Je n'ai pas encore fini cet album, peut-être ne le finirai-je pas avant plusieurs années. Il y a des pages que j'ai mis du temps à construire... comme l’histoire du divorce, il m’a été difficile de laisser la petite fille de 6 ans raconter ce qu’elle a vu et ressenti… Le divorce dans les yeux de mon enfant intérieur !
Cet album, un peu une thérapie ? Oui sans aucun doute! J'ai rangé mon enfance, je l'ai "réhabilité" dans un album qu'un jour je pourrais montrer à mes enfants... Un jour...
Réhabilité! Terme important s'il en est! C'est reconnaitre la réalité de ce qui fut un jour douloureux. Important oui de passer par cette étape! La réparation et la réhabilitation pour mieux vivre l'avenir avec son passé.
Des manques nous en avons tous, certains vivent avec sans même les ressentir, d'autres vivent une vie de souffrance, tout dépend de chacun...Dans une situation similaire, les uns et les autres ne réagiront pas de la même manière, nous sommes tous différents et semblable à la fois.
Vous l'aurez compris en parcourant cet espace de partage, dans mon cas j'ai eu besoin d'expier le passée, de m'y confronter car de toute façon il m'entravait tellement que c'était ça ou... bref. Pour vivre on a besoin d’air n’est-ce pas ! Il m'était donc inconcevable d'avoir passé pas à pas les événements, les crises, les creux pour échouer, "il doit y avoir une raison à toute cette souffrance, il doit y avoir une finalité à un moment donné! Ca doit être pour quelque chose" Je m'accrochai à cette idée!
Aujourd'hui je sais que j'ai eu raison de m'accrocher aux parois de mon puits à m'en faire saigner les doigts pour réussir à en sortir! Parce qu'après, une fois sortie vraiment cela en vaut la peine! Il fallait que cela en vaille la peine, et cela en vaut la peine !

Petites digressions, pardon je m'écarte au fil du clavier de mon sujet initial (quoique!) la réparation donc!
J'ai une autre obsession, encore une "peur-terreur"! Et celle là n'est pas encore sortie de son troue pour aller voir ailleurs si j'y suis!
J'ai peur d'être comme d'autres mères, ces mères qui se "Réparent" justement à travers leurs enfants!
 Utiliser un jour l'enfant que je pourrais avoir pour combler mes failles, et donc l'accessoiriser d'une certaine manière dans le sens d'une objectivation. Or l'idée m'est totalement insupportable. D'où mon angoisse et ce questionnement initial, et d'ou aussi mon besoin de me réparer dès à présent.
Cette peur là est somme toute saine je crois! Ne dit-on pas "une personne avertie en vaut deux ?"
Bon point!
Mon analyste avait raison de me dire que la réparation était inévitable dans la triade parentale, le tout étant de ne pas en faire "souffrir " l'enfant. Tout est une question de proportion.
Vous voulez des exemples de cas où la réparation à travers son enfant est néfaste?
- Papa qui rêvait petit d'être champion de ski, et qui reporte son rêve sur les épaules de son fils, mais celui-ci aime-t-il vraiment le ski ? ... Et un jour l'enfant se révolte et dis "tu sais papa les entrainements me pèsent, je ne veux plus, je n'aime pas ça, je n'ai jamais aimé le ski, mais tu étais tellement content que j'en fasse, que je ne pouvais te le dire avant."
-          Une mère qui enfant n’a pas eu accès au confort matérielle et qui rêvait de jolis vêtements qui fait de sa fille une jolie petite poupée de cire
Or en prenant ces photos des enfants de mes amies, j'ai compris que ce mouvement de réparation était inévitable et plutôt sain finalement. Et que ma conscience du phénomène garantissait (d'une certaine manière) ma bienveillance envers l'enfant à naitre un jour (sujet qui est loin d'être d'actualité!) Mais forcément j'y pense, d'autant plus vue le nombre croissant de mes amies qui sont enceintes! ... Le "concept" d'enfant prend une réalité, une part, un sens bien différent.
Or je sais qu'avant d'être totalement capable d'accueillir un être humain et de l'aider à grandir à devenir la personne qu'il souhaite être, j'ai besoin de réparer mon enfant intérieur.
Comment une maison dont les fondations sont branlantes pourrait accueillir un enfant sans s'écroulé sur lui ?

La réparation : un incontournable!

2 commentaires:

  1. Joli concept l'enfant intérieur....

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  2. Merci mais ce n'est pas de moi! C'est un concept qui existe dans la littérature.

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