mardi 22 mars 2011

Si les murs parlaient ...


 Assisse au milieu de ces vieilles pierres dans le silence envoutant d'une soirée de printemps entourée par les enceintes blanches du vieux palais, baignant dans la solitude de l'instant, Catherina était pensive.

Les murs blancs la fascinaient, vieilles pierres chatoyantes, chauffées par les rayons du soleil, durant toute l'après midi; elles avaient à cette heure-ci la couleur orangée d'une fin de journée ensoleillée. Assisse là absorbée dans sa contemplation elle se demandait combien de soirée elles avaient passé ainsi dans leur silence tenace et persistant, ce silence emmuré. Les pierres blanches.

Si ces murs pouvaient me parler que me raconteraient-ils se demanda-t- elle.
Elle s'imaginait les baisers volés, les mots doux échangés à proximité. Le banc où elle était assise, caché derrière un petit bosquet, n'était-il pas un lieu idéal!
Elle se voyait cachée dans l'un d'eux témoin d'un rendez-vous clandestin.
Deux amoureux, le silence pour tout apparat. Leur amour comme seule couverture. 
La folie comme seule guide : leur envie.
Se manger se dévorer, seulement s'embrasser et échanger durant des minutes suspendues dans l'air printanier des baisers des caresses, juste un peu de tendresse.
Elle s'imaginait une jeune femme rousse, à l'allure élancée, les hanches fines, la cheville blanche et fragile, portant une tenue somptueuse (robe du 17em), se dérobant à la vigilance des convives, fuyant d'un pas léger vers ce lieu reculé. Dans cette parcelle de jardin, où un banc était caché, où les rosés embaumant l'air; où les  jeunes gens pouvaient se retrouver.
Déjà l'amoureux attend le cœur battant, le corps électrisé, l'esprit embrouillé par les vapeurs du désir. Enivré et affamé, il tourne en rond quêtant le moindre pas.
Enfin la magnifique se montre. Il la regarde avancer les joues rosies par la course. Les yeux brillants d'excitations, elle levé vers lui ses yeux bleus clairs, et lui sourit; il ressent l'envie présent de se jeter sur elle et l'embrasser, mais contenant son élan il la regarde avancée vers lui, le corps aux aguets tendu vers lui. Sa bouche semble réclamer la sienne. Enfin elle arrive à porter de ses brase il l'enlace et pose délicatement sa bouche contre la sienne appréciant la chaleur de la chaire rosée et charnue comme une cerise mure à point. Il n'avait plus qu'à cueillir les fruits de son amour sur les lèvres de la belle.

Catherina les imaginait passionnés, enlacés, dévorés chacun dans leur envies, chacun dans leur passions. Elle les imaginait dans le partage de l'intimité de ce moment volée; seconde en suspend dans l'air où seul leurs désirs respectifs ne comptaient, où seul l'échange des baisers rythmait le temps.

Elle imaginait cette histoire que les murs ne pouvaient lui raconter, cette histoire dont elle rêvait jour et nuit du haut de ses 17 ans.
Son cœur sucrée de jeune vierge naïve et passionnée la faisait divaguer imaginer l'histoire d'amour qui l'animerait un jour; elle aussi... Car un jour bien sur son prince charmant se montrerait et la conviera à un rendez-vous clandestin pour l'embrasser passionnément.
"Un jour mon prince viendra... " murmura-t-elle dans le silence de cette soirée printanière.
Elle soupira de plaisir à cette perspective.



2 commentaires:

  1. Et à 30 ans ? Il lui raconte quoi les murs ? Et à 40 ans et à 50 ans ?

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  2. ah c'est une idée ça! Faire parler tous les âges!
    Merci Luce! A travailler!

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