vendredi 24 décembre 2010

Agathe et la lettre au Père Noel (2/2)

Suite de ce post...


Géraldine coucha sa fille sereinement ce soir là, elle savait que son mari ne rentrerait pas puisqu'il était en déplacement, elle allait pouvoir se reposer ce soir.

Agathe ne voulait pas quitter d'un pousse son enveloppe cachetée, mais Géraldine finit par trouver un stratagème pour la subtiliser et la remplacer par une autre.
Elle se demandait bien ce que son petit soleil, c'est ainsi qu'elle appelait sa fille voulait vraiment pour Noël, elle avait déjà acheté quelques jouets mais pourrait se débrouiller pour répondre à la demande de sa fille!
Une fois les 10 câlins fait, les 5 bisous sur chaque joue et la vérification des coins obscures réalisées, Géraldine pu profiter de sa soirée, elle fit les tâches traditionnelles aussi vite que possible, Jean Louis aimait que la maison soit propre, il ne devait pas y avoir un grain de riz par terre sinon...
Puis elle se glissa dans son lit, et décacheta la lettre de sa fille qu'elle lu.
Au fur et à mesure que les mots écrits de la main encore peu assurée de sa fille courraient devant ses yeux, les larmes coulaient le long de ses joues. Même préserver sa fille elle n'y arrivait pas!
Qu'il l'a frappe elle..., mais il n'avait jamais lever la main sur sa fille. Mais ce n'était pas suffisant! La petite savait et pour preuve...

Géraldine se mit alors à pleurer comme une petite fille, elle aurait eu envie d'écrire dans son journal comme elle le faisait avant, mais elle n'en avait plus. Jean-louis un soir s'en était pris à lui aussi, et lui avait fait brulé "comme ça la prochaine fois que ca te reprendra de dire des saloperies sur moi, tu t'en souviendra! qu'il lui avait dit.
Oh oui elle se souvenait, elle se souvient de tous!
Les soirs de match sont souvent difficiles mais les soirées poker sont les pires surtout si la chance n'était pas avec lui. Elle en était responsable bien évidemment.
Ces soirs là elle s'arrangeait pour qu'Agathe puisse dormir chez l'une de ses sœurs, ou chez une amie, mais toutes les crises n'étaient pas prévisibles.
Elle pleura ainsi pendant deux heures. Elle relu à plusieurs reprises la demande de sa fille, elle avait été certaine de pouvoir s'arranger pour y accéder...
Comment avait-elle pu en arriver là? 
Plusieurs fois elle avait pensé partir, mais... pour la petite et parce qu'elle pensait que c'était mieux de vivre avec ses deux parents, elle avait serré les dents. Et là... c'est comme si elle voyait pour la première fois sa propre mascarade.

Toute la nuit elle réfléchit, le réveille sonna, elle n'avait pas fermé l'œil. Epuissée elle se leva prépara le petit déjeuner, les vêtements d'Agathe... Les gestes quotidiens.
La journée passa sans qu'elle ne s'en rend compte, elle était comme une ombre à coté de son propre corps le regardant agir.
La seule chose dont elle était consciente c'était d'avoir appeler Myriam, une amie pour lui demander de garder Agathe ce soir. Elle avait aussi acheter un carnet qui ressemblait à s'y mrérendre à celui qu'elle avait brulé quelques années plus tôt...
Rentrée chez elle elle se mis à écrire sans relâche à cracher les mots qui l'encombraient. Pendant 4heures d'affilée elle écrivit, au fur et a mesure ses idées s'éclaircirent, une fois écrit les maux étaient indéniables. les mots étaient à ce moment là son seul radeau sur lequel l'esprit de sa fille rodait.
Il était 1h du matin quand Géraldine se décida à appeler sa sœur pour lui raconter toute son histoire, révéler tous les mensonges. Combien de fois elle avait lu dans leurs yeux à toutes, (mère, soeurs, amies) leurs inquiétudes pour sa santé : "ce n'est pas normale que tu aies de tel problème d'équilibre, va voir un médecin!" 
Effectivement elle n'avait pas de problème d'équilibre tant que son mari était loin d'elle, en déplacement.

Après avoir écrit elle se sentie mieux, plus forte, plus sereine. A présent elle devait raconter, à présent elle pouvait parler de ça, toutes les années les coups, les viols aussi parfois, les larmes et le sang...
Elle composa le numéro de téléphone de Gloria : "pardon c'est moi, il est tard je sais mais j'ai besoin de toi..."
Celle-ci rappliqua 15 minutes plus tard.

"C'est drôle comme parfois il n'y a pas besoin de mot, comme les gens qui vous aiment ne sont pas dupe mais acceptent votre duperie pour vous respecter, parce qu'après tout c'est votre choix de jouer au jeu de dupe." se dit-elle en pleurant dans les bras de sa soeur ainée qui n'avait pas eu besoin de mot pour savoir. Elle pris Géraldine dans ses bras et lui caressa les cheveux, comme leur mère faisait lorsque l'une d'elles était malade.

Et puis, elle devait parler, dire haut et fort qu'elle était victime de son mari. Mais d'abord elle n'y arrivait pas,; les mots restaient coincés dans sa gorge alors elle tendit la lettre d'Agathe... Gloria lu silencieusement. Puis posa la lettre sur ses genoux et regarda sa sœur bien droit dans les yeux et lui dit : "Oui, et?..."

Géraldine raconta la vérité une partie de la nuit, sa sœur l'écoutait posant des questions, soupirant souvent, prenant conscience de ce qu'avait vécu Géraldine comparé à ce qu'elle s'était imaginée...

Elles discutèrent beaucoup de la suite, de demain...

A l'issue de cette nuit, la décision de Géraldine était prise, sa fille et elle ne passeraient pas Noël avec Jean-Louis, elle le quitta le jour même, fit ses valises et celle d'Agathe.
Après tout Géraldine avait les moyens d'exhausser une partie de la lettre de sa fille "que quelqu'un les protège" et c'était à elle que revenait cette tâche.

Trois jours après lorsqu'il rentra, Jean-Louis trouva la maison propre mais vide. Elle restera vide tout le reste de sa vie, mais propre cela est moins certain!

Cette année là, Agathe et Géraldine passèrent les fêtes de Noël en famille, famille qui fut soulagée de la levée de bouclier. Tous les membres purent lire la lettre d'Agathe...
Agathe n'eut pas de grand frère pour Noël, mais sa maman et elle même étaient en sécurité, et Agathe était bien contente de ne plus avoir à jouer à la Reine du silence.





2 commentaires:

  1. Toi ... Le frère que je n'ai jamais eu ... Très touchée ...

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  2. Heureuse de t'avoir touchée!
    Ces frères que nous n'avons pas eu, ses sœurs...

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