vendredi 30 octobre 2015

Quelques secondes d'intimité.

Ce soir j'ai regardé un film avec ma mère : "Still Alice". L'histoire d'une femme de 50 ans atteinte d'un Alzheimer précoce.
Et durant les minutes du générique, j'ai eu une sensation de ... comment décrire cela, comme si je me regardais, regarder la télévision depuis un autre point de vue. Et cette partie de moi qui me regardait se disait: " tient encore une maladie, encore la maladie..."
Ma semaine a été placée sous le signe des maladies.
Il y en a tellement là d'un coup autour de moi, la mienne déjà, celles de personnes que j'ai rencontré fin septembre au congrès de SD. Celles du père d'un ami avec qui je parlais hier soir, celle d'un autre ami qui est en rémission,celles d'autres encore dont je ne peux parler ici, celles de mon grand père... 
D'un coup d'un seul j'ai l'impression qu'elle est partout "la mal à dit" ... 
 Elle l'est c'est juste que là je la vois.

La mienne m'a longtemps fait peur, aujourd'hui un peu moins, mais un peu toujours, ce qui crée un climat de vigilance de moi vis à vis de moi même. Ma "mal qui dit" et moi on se dit plein de chose! Sourires, elle et moi ont se parle souvent.

Et puis celle de mon grand père... Soupirs. Larmes.Tristesse.

C'est étrange, comme ce film a ouvert une vanne, qui est resté ouverte quelques minutes puis s'est refermée. La pudeur.

Ma maman m'a dt "il était triste ce film", les yeux tout mouillés. J'ai acquiécé. Elle est allée dans la cuisine, elle n'avait pas allumé la lumière. En m'approchant j'ai compris qu'elle pleurait silencieusement. (ca doit être un truc de famille ça!) Alors je l'ai prise dans mes bras, et pendant quelques minutes ma mère a laché les armes, quelques secondes seulement; juste quelques secondes qui n'en font pas vraiment des minutes.
J'ai pu lui dire deux choses : " On a tous peur" et "On va avoir le temps de lui dire au revoir."
Juste deux phrases dans un intervalles de quelques secondes.
Puis elle a dit : " on ne peut pas toujours être fort." J'ai souri, ça m'a fait pensé à l'un de mes billets précédent où je parlais de l'envie de fléchir.
Et quelques secondes plus tard elle a dit : "allé c'est fini." Et elle a repris les armes, la carapace et la bonne figure.
C'est drôle d'avoir vécue ce moment d'intimité et de pudeur. Quleques secondes seulement d'une réel intimité. Quelques secondes d'humanité dans un océan de contrôle. 
C'est tellement ma mère, oui c'est tout à fait elle. Hop on se reprend...
Sourires touchées.



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