Je raconte, je raconte une fois par semaine, je raconte ce qui s'est passé, l'incroyable, l'indicible.
Je raconte avec ironie, avec compassion, avec humour...
Une fois par semaine je raconte durant 30min, J'enregistre ma voix, et le dimanche, j'ai ritualisé tout ça pour réussir à la faire. le dimanche donc j'écris, et en écrivant la mémoire me revient, encore plus nette, l'enchainement des événements, les images les moments, les situations, mes impressions, ma detresse et tout le reste. Ca revient avec une précision incroyable.
Une fois par semaine je raconte.
Je raconte.
"Qu'est ce que cela vous fait?"
J'ai répondu "rien" sur le coup, j'ai mis mon masque de jeune femme forte je crois, alors j'ai dit "Rien, juste je fais beaucoup de rêves, mais je les laisse passer".
Oui il y a beaucoup de rêve, beaucoup de symbole dans ces rêves, je n'ai pas envie de les analyser, ni de les disséquer, Pas l’énergie de tout faire, peut-être cela viendra dans un autre temps, un second temps. Une autre étape. Peut-être...
Replonger dans cette histoire, dans cette phase de ma vie est une impression étrange de distance, presque comme si c'était une autre que moi qui avait vécue et fait toutes ces choses dont je parle.
"C'est très dense dites donc" m'a dit mon interlocutrice.
Oui j'ai vécue en 6 mois, 10 vies en une. C'est de ça surtout dont je prends conscience en déposant l'histoire, Pas tant quad je la raconte que quand je l'écris, toutes ces pages qui se noircissent, tout ces évenements, les phases, les moments, les gens les relations,"...
"C'est moi qui est vécue tout ça... vraiment... ah oui"
Je crois que je suis surprise de réussir à le raconter de réussir à l'écrire, de réussir à garder la tête froide, de ne pas être ensevelie sous la honte. Elle est pourtant là la honte, ce n'est pas pour rien que c'est une maladie honteuse dont je n'ai pas envie de prononcer le nom ici dans mon espace vierge d'elle (pas totalement bien évidement). Mais c'est ce que j'ai envie de croire, alors laissons là mon illusion.
Comment je me sens ? Soulagée je crois. oui c'est un soulagement de juste pouvoir tout poser, essayer de tout poser sans juger, sans se regarder, c'est un peu difficile c'est vrai. Même si mon interlocutrice est neutre et sans jugement... j'ai tout de même un masque. ah les masques.
Alors quand j'écris j'essaie de laisser mon coeur raconter.
Ce n'est que la première étape, Certe. La première d'un long travail, un très long travail.
Parfois je me demande si j'arriverai à passer la seconde étape, si je reussirai à dégager quelques choses de toutes cette dense matière qui prend forme.
Y arriverai-je?
Je raconte et ça me soulage. C'est comme si ça me réconciliait avec cette partie de ma vie que j'ai mis entre parenthèse, comme si une autre l'avait vécue, une autre que moi. or c'est moi, c'est mon histoire, une partie de mon histoire, une partie de ma vie. Oui j'ai vécue tout ça.
Et non seulement je l'ai vécue mais je n'en suis pas morte.
Peut-être en est-ce le constat le plus étrange.
Je n'en suis pas morte.
Je raconte avec ironie, avec compassion, avec humour...
Une fois par semaine je raconte durant 30min, J'enregistre ma voix, et le dimanche, j'ai ritualisé tout ça pour réussir à la faire. le dimanche donc j'écris, et en écrivant la mémoire me revient, encore plus nette, l'enchainement des événements, les images les moments, les situations, mes impressions, ma detresse et tout le reste. Ca revient avec une précision incroyable.
Une fois par semaine je raconte.
Je raconte.
"Qu'est ce que cela vous fait?"
J'ai répondu "rien" sur le coup, j'ai mis mon masque de jeune femme forte je crois, alors j'ai dit "Rien, juste je fais beaucoup de rêves, mais je les laisse passer".
Oui il y a beaucoup de rêve, beaucoup de symbole dans ces rêves, je n'ai pas envie de les analyser, ni de les disséquer, Pas l’énergie de tout faire, peut-être cela viendra dans un autre temps, un second temps. Une autre étape. Peut-être...
Replonger dans cette histoire, dans cette phase de ma vie est une impression étrange de distance, presque comme si c'était une autre que moi qui avait vécue et fait toutes ces choses dont je parle.
"C'est très dense dites donc" m'a dit mon interlocutrice.
Oui j'ai vécue en 6 mois, 10 vies en une. C'est de ça surtout dont je prends conscience en déposant l'histoire, Pas tant quad je la raconte que quand je l'écris, toutes ces pages qui se noircissent, tout ces évenements, les phases, les moments, les gens les relations,"...
"C'est moi qui est vécue tout ça... vraiment... ah oui"
Je crois que je suis surprise de réussir à le raconter de réussir à l'écrire, de réussir à garder la tête froide, de ne pas être ensevelie sous la honte. Elle est pourtant là la honte, ce n'est pas pour rien que c'est une maladie honteuse dont je n'ai pas envie de prononcer le nom ici dans mon espace vierge d'elle (pas totalement bien évidement). Mais c'est ce que j'ai envie de croire, alors laissons là mon illusion.
Comment je me sens ? Soulagée je crois. oui c'est un soulagement de juste pouvoir tout poser, essayer de tout poser sans juger, sans se regarder, c'est un peu difficile c'est vrai. Même si mon interlocutrice est neutre et sans jugement... j'ai tout de même un masque. ah les masques.
Alors quand j'écris j'essaie de laisser mon coeur raconter.
Ce n'est que la première étape, Certe. La première d'un long travail, un très long travail.
Parfois je me demande si j'arriverai à passer la seconde étape, si je reussirai à dégager quelques choses de toutes cette dense matière qui prend forme.
Y arriverai-je?
Et non seulement je l'ai vécue mais je n'en suis pas morte.
Peut-être en est-ce le constat le plus étrange.
Je n'en suis pas morte.
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