Il y a des choses que se produisent en concordances sans explications apparente, si ce n'est que c'est le moment, peut-être. Très probablement.
Durant ces derniers mois, j'ai remis mon projet de raconter mon histoire entre parenthèse, pour mieux me reposer, et les événements ont prouvé au combien j'en avais besoin.
Cette semaine je me suis remise en mouvement, j'ai repris les enregistrements non retranscrit, j'ai relevé mes manches et j'ai tapé tous ces mots racontés. Ils sont à présent couché sur un fichier .doc.
J'arrive dans le récit à un moment charnière : celui du premier déraillage sévère autrement appelé par les professionnels " un délire maniaque avec états mixtes combiné à un délire mystique agrémenté de bouffées délirantes aiguës".
Comment je vis ce retour dans le délire? Étrangement : entre des moments de pétrification à me dire: "mon dieu c'est moi qui est vécue ça et non un être factice" et des moments de honte, presque... enfin pas vraiment, mais je ne sais pas quel mot utilisé. Si en fait c'est bien de la honte. Honte des effets de la maladie honteuse. Honte de ce qu'elle m'a fait faire, dire et être.
Alors j'essaie de prendre de la distance, j'y arrive plutôt bien, mais je ne peux pas nier que repasser par ce récit m'affecte.
4 ans et demi que les faits se sont produits, il m'aura fallu tout ce temps pour reprendre pied, et pour avoir la force de remettre le nez dedans.
Je parle de sychronicité, parce que lors de mon premier, et pour l'instant unique rendez-vous avec le Psy, il m'a proposé lors de notre prochain rendez-vous de revenir sur les circonstances des "crises".
Donc c'est bien le moment de remettre le nez dedans.
Parfois je me dis que ce seul travail là, celui de raconter et de décrire les événements, menera quelque part. Une destination inconnue. Je ne sais pas.
Ma première idée est d'écrire un texte de type théâtral qui pourrait être jouer. Le propos étant le chemin de l'acceptation et le "vivre avec". Hors je suis en train de l'expérimenter ce fameux vivre avec, donc j'ai des doutes sur la possibilité de mener à bien ce projet. Pourtant une part de moi refuse d'y renoncer. Je ne sais pas.
J'ai envie de mettre mon energie dans d'autres projets, dans des choses positives et porteuses, dans des choses qui font retrecir la maladie plutot que de me demander d'y reflechir plus que ce que je dois déjà faire.
Ou peut-être pour ce projet là ce n'est pas le moment. Je ne sais pas.
Ce dont je suis certaine c'est que d'écrire le récit des événements, (la première étape) de raconter ce qui s'est vraiment passé lors de mon voyage au Nicaragua m'aide à me dire qu'après ces 4 ans et demi, je suis bien là debout, vivante, avec des envies, des projets, des idées, des désirs.
C'est comme si c'était très trè loin tout ça, et ça l'est. Comme si ce n'était pas vraiment moi qui l'avait vécue. C'est arrivé à un autre moi, une autre version de moi, celle d'il y a 4 ans et demi.
Mais y revenir avec mes yeux d'aujourd'hui, avec tout le savoirs engrangés, plus le diagnostic posé... C'est comme relire une histoire, la mienne. La mienne, c'est étrange, je n'ai pas vraiment l'impression de c'est la mienne. il y a de l'étrangeté dans ce retour en arrière, c'est difficile à expliquer et à décrire. Une histoire de distance surement.
Quoiqu'il en soit, je suis fière de poursuivre cette phase là, celle de tout raconter.
Et pour le reste nous verrons bien!
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