lundi 24 novembre 2014

Le chemin est éclairé...

A trop regarder le bout de mes chaussures repliée sur moi-même, tout en marchant sur le chemin sinueux de la vie, j'en viens parfois à perdre de vue que le chemin, même dans les passages plus ombragés, est éclairé.

Parfois la flamme des lanternes posées au bord de ce chemin faibli, balayé par les courants d'airs qui jouent avec la flamboyante lumière. D'autres fois ce sont les trombes de pluies, la grisaille ou encore la brume qui bouchent la visibilité du chemin, d'autre fois encore je ne vois plus devant moi car je regarde dans une autre direction, je regarde le chemin des autres, ces autres qui ne sont pas moi et qui ont leur propre chemin, qui parfois croise le mien. D'autres fois encore, je suis hors de mon corps, je ne vois donc pas le sentier, je ne marche plus sur le chemin, je survole mon corps immobile; toujours je retrouve l'accès à mon corps et le temps suspendu immobile se remet en marche.

Ne pas oublier, alors que je suis accrochée à l'observation du bout de mes chaussures, de lever les yeux, de regarder un peu plus loin la ligne d'horizon. L’élargissement du champs de vision ré-ouvre les perspectives, et me ramène à cette croyance suivi de sa vérification : il y a de la lumière, le chemin est éclairé.
Même si je perds de vue la lumière qui scintille de chaque coté, le chemin est éclairé.
Même si je ne sens plus la chaleur des flammes rechauffer l'air, le chemin est éclairé.
Quelque soit la météo, le chemin est éclairé.
Quelque soit mon humeur, le chemin est éclairé.
Quelque soit la turpitude que je traverse, le chemin est éclairé.
Toujours il est éclairé.

Une fois cette intime conviction retrouvée, une fois la chaleur des lumières ressenti, le rythme de la marche sur le chemin de la vie prend. 
Je sens le rythme de mes pas, un pas après l'autre, parfois j'avance plus vite, d'autre fois très lentement selon le caractère accidenté de la voie. Chaque pas m'éloigne du précédent et m'engage du passé du pas précédent au présent: le déplacement du poids de mon corps se fait dans un éternel présent. 

Tout le jeu consiste à avancer de manière régulière et continue sans faire de détour, sans rebrousser chemin, le tout en gardant à l'esprit que quoiqu'il en soit le chemin est éclairé. Alors je m’attelle à avancer à mettre un pied devant l'autre chaque jours pour avancer sur mon chemin lumineux, le tout en gardant à l'esprit que même si je ne le vois pas en permanence : le chemin est éclairé.

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