vendredi 28 août 2015

Le silence est d'or

Le silence est d'or alors je me suis tu.

Le dernier post date du 14 novembre 2014, soit 9 mois de silence.
Le temps de gestation pour créer un être humain.
Ce ne fut pas mon cas, ces 9 mois n'ont pas été marqué par une grossesse.

Excepté si l'on considère que l'on peut être soit même en gestation de soit.
Ce fut surement mon cas.

J'ai passé 9 mois sur le chemin étrange et tortue de l'acceptation.
Tant de choses à abandonner, tant de deuils, tant de tristesses, tant d'incompréhension, tant de silence.

Le silence est d'or alors je me suis tu.

Comment vous décrire ce chemin, comment vous raconter toutes ces nuits noires sans lune.
Comment vous parlez de la terreur de ne plus pouvoir être, être soit, être au monde, exister...

Je suis malade, ou plutôt je souffre d'une Maladie Chronique, une maladie qui n'est ni mortelle ni contagieuse, mais une maladie qui fait peur.
Je n'ai pas envie de dévoiler de quelle maladie il s'agit, là n'est pas le propos car finalement peut importe le nom qu'on lui donne, ce qui compte c'est qu'elle soit devenue mon alliée, et plus mon ennemi.

Une transition, une transformation incroyablement difficile... 
Trouverai-je un jour les mots pour en parler, pour le raconter...

Comment? Cette question m’obsède en ce moment, comment raconter? Comment en parler sans faire peur, sans perdre les gens que j'aime et qui ne savent pas, qui ne connaissent pas le nom de cette maladie....

La vérité? J'ai peur de vous faire fuir tous autant que vous êtes. 
Ma maladie m'a longtemps fait peur, à tel point que j'ai préféré l'oublier.
L'ami déni m'a aidé pendant un certain nombre de mois à gober mes cachetons sans me poser plus de question.
Les médecins m'ont dit : "voilà votre traitement" je n'ai rien dit, j'ai avale jour après jours les petites pilules blanches.
Pourtant le diagnostic m'est resté en travers de la gorge, il a fallut que je m'étouffe pour recracher les faits : "moi aussi je souffre de cette maladie, moi aussi je possède en moi un cavalier noir qui parfois prend les clés, le volant et les pédales de ma vie et m'emmène au bord d'un précipice, que seuls mes congénaires connaissent."

J'aimerai réussir à vous raconter, réussir à trouver les mots, réussir à parler du moment où le gouffre nous absorbe, vous parler de la manière dont on en revient, jamais indemne, jamais.

Réussirai-je à vous raconter?

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