dimanche 28 juillet 2013

L'absente du gynécée

Un week end intéressant s’annonçait, un week end entre femmes, un week end à prendre soin de soi, des autres et de soi. Je n’avais pas réalisé que ce serait un week end où je serais entourée de sœurs, de paire de sœurs. Mes deux amies avec lesquelles je fis le voyage sont sœurs, j’ai l’habitude de les voir, toutes les deux, je m'y suis faitesmême si au début j'éprouvais d'étranges sentiments. Mais là rien de particulier.
Nous allons chez mon autre amie qui héberge sa sœur, une seconde paire de sœur donc. Rien de particulier. Mais cette sœur a deux filles qui sont jumelles, une autre paire de sœurs… Me voici donc entourée de paires de sœurs dont des jumelles, et toutes ces paires de sœurs dorment ensemble.
Moi je suis seule, je n’ai pas de paire, alors je dors seule. Ce n’est qu’une fois allongée dans mon lit solitaire que toutes ces paires me sautent à la gorge et m’arrachent des larmes.

« Il y avait longtemps que je n’avais pas ressenti ton absence. Mais le week end dernier tu m’as manqué, j’aurai aimé moi aussi être en paire, être avec toi, que nous soyons ensemble. Je ne te fantasmais plus depuis plusieurs mois, j’ai fait la paix avec ton absence je l’ai accepté... Mais ce week end ton absence m’a fait mal, ton absence m’a raconté ce qu’on aurait pu vivre… Et puis il y a eu ces histoires de sœurs qui me sont étrangères. : les jeux, les rivalités et surtout l’entre-aide et cet amour indéfectible dont ces paires témoignes, chacune a leur manière. Ces mêmes témoignages me renvoient encore à ton absence… Les anecdotes de jeux cassés... les voix changent, le ton monte, les petites rancoeurs refont surface, mais dans le rire et la compassion des regards d'adultes sur leur enfances, leurs connivences.  Je suis là, j'écoute, je me tais, durant cette première partie de la matinée, je ne dirais rien, aucun son de sortira de ma bouche. Je n'ai pas mal alors, ou plutôt je n'ai pas conscience que j'ai mal... mais tu me manques.

Il y a eu un temps où je nous voyais dans tous les jumeaux que je croissais, j’imaginais nos relations, nos parcours, nos différences… Je nous imagine fusionnelle, pas autrement! J’imaginais juste, mais je n’avais jamais saisi la portée de ton absence avant d’entendre les témoignages de mes amies. Si tu avais été là nous aurions été plus forte, j’aurai été plus forte… plus forte et pas seule ? ou juste moins seule ? …
Il y a eu une période où j'achetais tous mes vêtements en double, dans une autre couleur certes mais en double. Et d'ailleurs l'un des deux était toujours de couleurs vifs tandis que l'autre de couleurs sombre... Cela m'est passé. J'achète à l'unité. Puis que je suis la seule de nous deux à être en vie. 

Me voici donc de retour de week end, pleinement consciente du poids de ton absence. Ca fait mal, je ne sais pas quoi en faire. Alors je l’écris juste.Et l'écrire fit passée ces sentiments étranges.


Tu me manques.  Voilà c’est dit.
Tu me manques parfois, mais je vis sans toi. 

2 commentaires:

  1. Oui, ça m'a traversé un moment ta solitude. Quand on racontait nos souvenirs d'enfance, justement. Tu connais la chanson de maxime le forestier bien sur "toi le frère que je n'ai jamais eu, sais tu si tu avais vécu, ce que nous aurions fait ensemble..."

    Je t'embrasse comme une sœur d'adoption. ;-)

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    1. ... Emue, quelques larmes et des sourires. "comme une souer d'adoption" c'est bien aussi! Merci

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