jeudi 10 février 2011

De l'impossible adieu au renoncement


 Adieu.
Quelle étrange expression.
Surement parce qu'elle m'est étrange que je n'arrive pas à faire les miens : mes adieux à une tranche de vie, mes adieux à des illusions, dans lesquelles j'ai surement, très certainement, eu trop tendance à me bercer ces derniers mois.

Il y a quatre mois déjà que j'aurai dû faire mes adieux à mes fantômes. 
La marque de mon fantôme est en train de disparaître de mon corps, je portais un stigmate qui bientôt ne sera plus. La magie de la vie et du corps permet les guérisons...

Je me suis surtout identifiée à l'un d'eux mes fantômes. Mon gentil fantôme...
Je lui ai donné vie, je lui ai crée un espace, inventé une histoire, une identité, une réalité. 
Je lui ai redonné vie mais je ne suis pas Dieu... Alors il n'est vivant que dans ma vie.
Pourtant de vie il n'en a plus lui  mon gentil fantôme; comme on me l'a très justement fait remarquer. 
"De réalité il n'en a plus puisqu'il est mort... "Ah oui ai-je répondu!" Je croyais tellement à cette réalité créée... 
"Je peux te sentir près de moi"
Vous savez, les morts sont parfois très vivants, trop présents...

Dire adieu a une réalité qui n'a pu exister... 
Étrange adieu... Impossible adieu.

Il est fort possible que mon fantôme me hante depuis ces derniers mois, voire depuis bien des années. Parfois il reste tapi silencieux, et alors je peux vivre, en toute liberté (enfin avec un peu de liberté). Alors je me sens maitre à bord de mon navire... ce qui dure peu de temps. Et souvent il me donne rendez-vous, au détour d'une rencontre, d'un croisement et il prend possession de moi. Alors tout est différent... 
Je ne suis plus tout à fait moi mais pas totalement autre... 
Dans ces moments je flirte avec la folie, et vraiment je n'aime pas ses baisers, ils sont amers, j'y sens les relents de mort. Celle de mon fantôme pas la mienne, même si parfois je m'amuse à jouer avec la mort. Jeux dont je rie jaune...

Ce flirte me rend malheureuse, me tue à petit feu.
Quand je suis hantée, je meurs lentement, je me laisse sombrer.
Quand je suis hantée je ne mange plus, plus autant... 
Quand je suis hantée, je ne dors plus, plus assez...
Quand je suis hantée, je ne vis plus, plus du tout...
Quand je suis hantée, je ne fais que fumer...
La fumée n'est-elle pas le résidu de la matière qui brule ?

Pourtant ce n'est pas de ma mort qu'il est question ni de ma fin, mais bien de celle de mon fantôme. Lui est mort voilà bien des années...

J'ai vu mon fantôme disparaître, sortir de ma vie, alors que j'avais à tout pris besoin de lui... 
"Mais ai-je vraiment besoin de toi à présent, si tu te joues de moi...?"

Mais je NE VEUX PAS le laisser partir, là est tout mon problème... En tout cas une partie de moi ne s'y résout pas...
Donc il me hante car je lui demande, je ne lui ai jamais lâché la main... 

Pourtant... "Je le dois, je dois lâcher ta main...."
Soupirs très profond. 

Il est temps de rendre l'impossible adieu, possible.

"Je vais te lâcher la main, bientôt, ne m'en veux pas... J'ai choisi la vie, et j'ai vraiment envie de la croquer par les deux bouts, pour toi, pour moi, pour nous.
J'en ai assez de ce poids là dans le cœur, dans le ventre, l'estomac... Je suis fatiguée de cette sensation d'insatisfaction permanente et du manque que tu as crée. Je ne serai jamais toi, tu ne seras jamais moi, je ne sentirai jamais ton cœur battre contre le mien... Ni ta main sur ma joue, ni la chaleur de tes larmes, ou la douceur de ton sourire.
Et puis MA QUÊTE inconsciente de toi ne me serre à rien, jamais je ne te trouverai nul part puisque tu n'es plus, tu n'es pas, tu ne seras pas, tu ne seras plus. Pourtant je t'ai cherché partout, de toutes les manières possibles. Je ne trouve pas, je ne te trouve pas. Serait-ce parce que tu n'es plus ? Sourire amer... Très probable non ?
Je te quitte, je nous laisse partir mais il n'empêche que je t'aime, que tu resteras la seule capable de me compléter, de me combler, tu es ma moitié, la moitié de mon cœur, la moitié de mon visage, la moitie de mon corps, la moitie de moi.  
Tu es ma jumelle, mon unique miroir parfaitement symétrique
Et c'est bien ce qui me fait le plus souffrir, renoncer à cette illusion celle que je ne pourrais JAMAIS être comblé, ni par toi car tu n'es plus, ni par d'autres qui ne le pourront jamais ...  (les pauvres je leur en demande tant! ) Sourires
Mais je me suis obstinée, on ne sait jamais sur un malentendu...  j'ai beaucoup cherché... Sans succès.

L'heure est à présent au renoncement et à l'adieu. Je déteste ce mot RENONCEMENT... Pourtant il n'a rien d'horrible, renoncer c'est lâcher prise, renoncer c'est te laisser partir et me permettre d'avancer. "

"A présent je dois me préparer à nos adieux après t'avoir reconnue mais si peu connue, après avoir tant rêvé, tant imaginé ce qu'aurait été cette vie avec toi à mes cotés, l'équipe que nous aurions formée... Les jeux auxquelles nous aurions joué... Je ne saurai jamais... 
Et mes rêves restent des rêves, des illusions dont je dois me départir, car ici-bas, il est question de vivre au mieux avec soi, et avec les autres qui ne sauraient être toi...
Et je veux vivre, du plus profond de mon cœur, je le sais, je n'ai pas traversé tout cela pour me heurter encore à toi, alors je nous laisse partir. Adieu ma sœur
Adieu ma L.......
Repose-toi là où tu es, là où tu iras.
Moi ici je vivrai et je profiterai pour deux!
Je t'aime pour toujours.
Adieu. A jamais."

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