Prologue :
Il n'y a qu'ici que je peux venir dire ça.
Il n'y a qu'ici que j'ai envie d'en parler alors j'ai ré-ouvre cet espace.
J'ai cru qu'il était clos, cloturable, délimitable.
Peut-être me suis-je trompée, peut-être ai-je été un peu trop rapide (sourire, ce ne serait pas la première fois ni le dernière j'en ai bien peur...)
Et comme il s'agit de chose du passé, je n'avais pas envie d'en parler dans l'espace du présent.
Mais ici, ici c'est bien, ici je peux le raconter.
Est-ce les souvenirs qui remontent?
Est-ce le manque de soleil?
Est-ce l'agacement?
Est-ce la grippe qui me tient depuis quelques jours?
Je ne saurai déterminer une cause précise, les causes sont multiples, complexes, elles s'enchevêtrent; elles parlent de moi et elles me parlent à moi.
Que de violence dans tout cela : la violence des souvenirs, des cauchemars, la violence des larmes qui voudraient sortir mais qui se font ravaler.
Le peur d'être anéantie par ce flot dangereux, par toutes cette tristesse, tous ces kilos de tristesse, toutes ces tonnes de tristesse, comme des sacs de larmes dont il faudrait que je me délèste.
Je pleure tellement moins qu'avant, je ris tellement moins aussi... Je suis en partie des-affectée, en partie anesthésiée. Un effet des médocs... Soupirs
Je croyais avoir passer un cap, avoir tourner une page, avoir fait la démarche d'ouvrir un nouveau chapitre, oui. "Oui mais..."
"Oui mais" le temps n'est finalement que cyclique.
Les événements se présentent puis s'en vont, reviennent sous un nouveau jour pour redisparaitre...
Est-ce par naïveté que j'ai cru avoir mis les douleurs du passé, les jours sombres comme le charbon, derrières moi?
Je sens que les larmes veulent sortir alors j'essaie de leur aménager du temps, de l'espace. Un droit d'écoulement. Un droit de passage
"Il n'y a plus de dérivatif. "
Cette phrase résonne comme un bol tibétain dans ma tête.
Avant je trouvais des dérivatifs émotionnels, aujourd'hui il n'y en a plus, plus comme avant.
Il y a donc de la place dans mes émotions et dans ma vie pour replonger dans le passé, une fois encore mais un peu plus loin, un peu mieux avec un nouvel éclairage.
Aujourd'hui on m'a donné un coup de massue, je ne m'y attendais pas.
Après des mois de travail sur moi, mon psy est passé par là renversant tout sur son passage. Après m'avoir coller une étiquette qui gratte sur le dos, dont je supporte de plus en plus mal le poids. Il m'a recoller une crainte. Ou en tout cas il l'a nommé pour moi et bien malgré moi.
"Il y aura toujours un doute", "Il y aura toujours un doute","Il y aura toujours un doute","Il y aura toujours un doute"
L'épée de Damoclèse dont je m'étais préservée et écartée : la force du déni ou le pouvoir du vivre aujourd'hui? Encore une fois un peu des deux... Mais là aujourd'hui, à cette instant il y a la question de l'avenir sous une autre forme.
Tous les malades qui réchappent à une maladie doivent "faire avec" cette épée de Damoclèse toujours sur le fil en permanence : Frappera? Frappera pas? Tombera? Ne tombera pas?
Il se peut qu'elle retombe comme il se peut qu'elle ne retombe pas. Aucune garantie, pour rien et pour personne. Malade guéri ou porteur sain à nous de "faire avec" alors qu'on aimerait tant faire sans.
Comme les enfants qui quand ils jouent disent " on dirait que..." On sait que c'est pour de faux, pour du faux.
Là c'est bien pour de vrai.
Je ne peux pas ré-écrire l'histoire en gommant les passages pénibles ou gênants.
Je ne peux pas faire "comme si".
Je n'ai pas réflechi à faire avec, enfin si j'avais jusqu'à présent un certain équilibre, les dragés roses bonbons de l'industrie pharmaceutique me garantissait presque sur facture une protection, un bouclier contre l'épée de Damocles.
Or il y en a marre des dragés roses, alors j'ai demandé si on pouvait envisager de les arréter : oui c'est possible sous certaines conditions.
Je ne m'attendais pas à ce oui, mais j'attendais et peut-être même j'esperais un refus drastique.
J'aurai pu m'y picquer, m'y gratter. Mais là...
C'est un "oui mais", encore un.
Ce oui vient remettre en perspectives des éléments qui avaient trouvé leur équilibre précaire peut-être, je ne sais plus car je l'ai perdu secouée par tous ces bouillons de vie de ces dernières semaines : ça bouge, ça vie, ça parle, ça se heurte en moi.
Il n'y a pas longtemps quelq'un m'a dit : je me sens plus forte à présent pour faire face, elle parlait de son épée de Damoclèse à elle.
Et moi? Est-ce que je me sens plus forte? Là tout de suite c'est la crainte qui l'emporte peut-être plus tard serai-je en capacité de voir et ressentir cette force, car oui indéniablement, elle est là tapie au creux de mon ventre, à coté de la peur.
La rechute. Ce n'est ni envisageable, ni immaginable, ni concevable.
Dès la sortie de l'hopital c'était un "plus jamais ça". J'ai tatoué dans ma chair ces deux poses, des points virgules à voir comme des respirations hors du temps.
Je n'en veux pas d'autres, je ne veux pas reglisser et chuter. Alors peut-être ne suis-je tout smplement pas prête à tenter l'aventure sans médicaments, peut-être pas encore, peut-être ai-je besoin de plus de mois, voire d'année sans vague.
Je suis stable depuis 21 mois. Je fonctionne, j'ai une vie "normal"...
Je crois que je suis tout simplement sonner par le doute et par la perspective de peut-être pouvoir vivre sans béquilles.
Il n'y a qu'ici que je peux venir dire ça.
Il n'y a qu'ici que j'ai envie d'en parler alors j'ai ré-ouvre cet espace.
J'ai cru qu'il était clos, cloturable, délimitable.
Peut-être me suis-je trompée, peut-être ai-je été un peu trop rapide (sourire, ce ne serait pas la première fois ni le dernière j'en ai bien peur...)
Et comme il s'agit de chose du passé, je n'avais pas envie d'en parler dans l'espace du présent.
Mais ici, ici c'est bien, ici je peux le raconter.
Texte du 1er mars 2017
Est-ce la grisaille?Est-ce les souvenirs qui remontent?
Est-ce le manque de soleil?
Est-ce l'agacement?
Est-ce la grippe qui me tient depuis quelques jours?
Je ne saurai déterminer une cause précise, les causes sont multiples, complexes, elles s'enchevêtrent; elles parlent de moi et elles me parlent à moi.
Que de violence dans tout cela : la violence des souvenirs, des cauchemars, la violence des larmes qui voudraient sortir mais qui se font ravaler.
Le peur d'être anéantie par ce flot dangereux, par toutes cette tristesse, tous ces kilos de tristesse, toutes ces tonnes de tristesse, comme des sacs de larmes dont il faudrait que je me délèste.
Je pleure tellement moins qu'avant, je ris tellement moins aussi... Je suis en partie des-affectée, en partie anesthésiée. Un effet des médocs... Soupirs
Je croyais avoir passer un cap, avoir tourner une page, avoir fait la démarche d'ouvrir un nouveau chapitre, oui. "Oui mais..."
"Oui mais" le temps n'est finalement que cyclique.
Les événements se présentent puis s'en vont, reviennent sous un nouveau jour pour redisparaitre...
Est-ce par naïveté que j'ai cru avoir mis les douleurs du passé, les jours sombres comme le charbon, derrières moi?
Je sens que les larmes veulent sortir alors j'essaie de leur aménager du temps, de l'espace. Un droit d'écoulement. Un droit de passage
"Il n'y a plus de dérivatif. "
Cette phrase résonne comme un bol tibétain dans ma tête.
Avant je trouvais des dérivatifs émotionnels, aujourd'hui il n'y en a plus, plus comme avant.
Il y a donc de la place dans mes émotions et dans ma vie pour replonger dans le passé, une fois encore mais un peu plus loin, un peu mieux avec un nouvel éclairage.
Aujourd'hui on m'a donné un coup de massue, je ne m'y attendais pas.
Après des mois de travail sur moi, mon psy est passé par là renversant tout sur son passage. Après m'avoir coller une étiquette qui gratte sur le dos, dont je supporte de plus en plus mal le poids. Il m'a recoller une crainte. Ou en tout cas il l'a nommé pour moi et bien malgré moi.
"Il y aura toujours un doute", "Il y aura toujours un doute","Il y aura toujours un doute","Il y aura toujours un doute"
L'épée de Damoclèse dont je m'étais préservée et écartée : la force du déni ou le pouvoir du vivre aujourd'hui? Encore une fois un peu des deux... Mais là aujourd'hui, à cette instant il y a la question de l'avenir sous une autre forme.
Tous les malades qui réchappent à une maladie doivent "faire avec" cette épée de Damoclèse toujours sur le fil en permanence : Frappera? Frappera pas? Tombera? Ne tombera pas?
Il se peut qu'elle retombe comme il se peut qu'elle ne retombe pas. Aucune garantie, pour rien et pour personne. Malade guéri ou porteur sain à nous de "faire avec" alors qu'on aimerait tant faire sans.
Comme les enfants qui quand ils jouent disent " on dirait que..." On sait que c'est pour de faux, pour du faux.
Là c'est bien pour de vrai.
Je ne peux pas ré-écrire l'histoire en gommant les passages pénibles ou gênants.
Je ne peux pas faire "comme si".
Je n'ai pas réflechi à faire avec, enfin si j'avais jusqu'à présent un certain équilibre, les dragés roses bonbons de l'industrie pharmaceutique me garantissait presque sur facture une protection, un bouclier contre l'épée de Damocles.
Or il y en a marre des dragés roses, alors j'ai demandé si on pouvait envisager de les arréter : oui c'est possible sous certaines conditions.
Je ne m'attendais pas à ce oui, mais j'attendais et peut-être même j'esperais un refus drastique.
J'aurai pu m'y picquer, m'y gratter. Mais là...
C'est un "oui mais", encore un.
Ce oui vient remettre en perspectives des éléments qui avaient trouvé leur équilibre précaire peut-être, je ne sais plus car je l'ai perdu secouée par tous ces bouillons de vie de ces dernières semaines : ça bouge, ça vie, ça parle, ça se heurte en moi.
Il n'y a pas longtemps quelq'un m'a dit : je me sens plus forte à présent pour faire face, elle parlait de son épée de Damoclèse à elle.
Et moi? Est-ce que je me sens plus forte? Là tout de suite c'est la crainte qui l'emporte peut-être plus tard serai-je en capacité de voir et ressentir cette force, car oui indéniablement, elle est là tapie au creux de mon ventre, à coté de la peur.
La rechute. Ce n'est ni envisageable, ni immaginable, ni concevable.
Dès la sortie de l'hopital c'était un "plus jamais ça". J'ai tatoué dans ma chair ces deux poses, des points virgules à voir comme des respirations hors du temps.
Je n'en veux pas d'autres, je ne veux pas reglisser et chuter. Alors peut-être ne suis-je tout smplement pas prête à tenter l'aventure sans médicaments, peut-être pas encore, peut-être ai-je besoin de plus de mois, voire d'année sans vague.
Je suis stable depuis 21 mois. Je fonctionne, j'ai une vie "normal"...
Je crois que je suis tout simplement sonner par le doute et par la perspective de peut-être pouvoir vivre sans béquilles.
Se respecter c'est aussi respecter sa peur; elle joue son rôle. Respecter son rythme, son temps... Ton texte m'évoque ce que je disais à propos du deuil "on ne peut pas aller plus vite que son requiem". Je viens d'entendre Grand Corps Malade parlé de son film "Patient" et il parlait (d'ailleurs il en a fait un titre) de "l'espoir adapté". Faire avec, espérer ce qui peut l'être... ça m'a donné envie d'aller le voir. Bises
RépondreSupprimer