mardi 26 janvier 2016

Entre colère et tremblements.

C'est mon état du moment, je suis entre colère et tremblements.
J'apprends, on apprend toujours certes... mais moi en ce moment avec mon complice j'apprends à vivre avec ma maladie.
C'est compliqué, d'où la colère.
C'est frustrant d'où les tremblements.

Je pense à ce long long chemin de l'acceptation... je n'ai pas encore réussi à parvenir au bout de ce chemin. Qu'y a-t il au bout d'ailleurs, je me le demande.

Je sais que ce chemin je l'ai pris a partir d'avril 2015, soit 9 mois, neuf tout petit mois face à l'ampleur de la tâche... combien de temps cela me prendra? Soupirs, aucune idée, personne n'en a aucune idée, et moi encore moins que les autres.

Depuis ces dernières semaines j'ai l"impression d'avoir fais plusieurs pas sur ce chemin. Mais ces pas me coutes larmes et sang. Et là ce n'est pas au sens figuré.

J'ai appris et compris dans le sens "prendre avec" que ma maladie est toujours là. je l'ai dit hier, je le repete aujourd'hui car c'est une pilule bien difficile à avaler.
J'aimerai être dans un monde idéal. Ok dans un vrai monde ideal je n'aurai pas cette putain de maladie (ah ma psy me dirait "vous dites putain de maladie", oui je le dis! Le titre du post c'est bien"COLERE" et il y en a, pas de surprise donc pour le lecteur!
Dans un monde semi-idéal, revoyons les choses à la baisse. La maladie serait totalement endiguée par les médicaments.
et ca c'est la surprise "ET NON! RATE!
Là ca cree du tremblement, du tremblement de peur majoritairement.
C'est pourquoi j'ai besoin de venir le vomir, le cracher, le rependre dans cet espace, mon espace de liberté.

Lorsque j'ai rencontré mon Complice il a eu cette question absolument pas anodine à propos de mon rapport à la maladie : "Et alors tu es condamnée?" des larmes ont coulés sur mes joues à ce moment là, comme elles coulent encore ce soir sur le clavier.

Je crois que j'avais trouvé ma manière de limiter les acces/exces de la maladie en renonçant.
C'était sans compter sur le boulet de canon qui a debarqué dans ma vie.
Depuis nous apprenons à nous connaitre.
C'est un peu un menage à trois en fait, lui, moi et les effets de la maladie... et toutes la panoplie des personnages qu'elle crée de la froide" garce à la mégère inapprivoisable"... Dans tous les cas je n'aime aucun de ces personnages, mais ils sont là; ils font partie de moi, ils sont moi... une part de moi.
Or je ne controle plus rien, je me sens débordée, d'où les tremblements.
J'essaie de me rassurer, de me bercer, de m'accrocher à des bouts de mots, des bouts de phrase...
Mais j'ai une trouille noire, violette, pourpre, une trouille massive.
Celle de ne pas y arriver, celle d'échouer... à quoi? a être heureuse, a etre épanouie dans un couple.  mes neufs premiers mois sur le chemin de l'acceptation m'ont appris que je pouvais fonctionner seule, ça c'est valider.
Mais fonctionner à deux, être dans une relation de couple... Là c'est une toute autre histoire...

Être à deux... je ne sais pas faire, je ne sais pas comment faire...
Su je veux être totalement honnete, il y a des choses que je sais faire : m'occuper d'une autre personne, ca c'est bon.
Mais être en couple, être à deux et fonctionner à deux... là... je calle, je sèche et j'ai la frousse.

Et quand j'ai la frousse je fuis... alors là je ne vous raconte pas comment j'ai une bonne grosse envie profonde de fuir!

Mais je sais que je ne le ferais pas, je sais que je vais essayer de m'y prendre différemment. Il y a pleins de pistes encore inexplorées, plein de compromis à trouver...

Les tremblements sont là parce que je me dis que si je n'y arrive pas avec cet homme là, je n'y arriverai jamais. et ça fout la frousse. Ce n'est pas pour me mettre la pression, c'est juste qu'il a toutes les qualités nécessaires pour réussir à faire face aux personnages du monde merveilleux de ma bipolarité! Je vais créer une saga tient sur ce monde là!! Rires!!

Donc j'ai la frousse, je suis en colère contre les apparitions des personnages, contre ce que la maladie me fait devenir. Or je refuse d'être une irrassible connasse collée aux basques de son mec.
Combien de fois j'ai entendu des conversations de couple où je voyais la meuf être cette irrassible connasse, et je me disais "mon dieu... qu'est ce qu'il prend cher!"

Alors peut-être, et en le pensant j'en suis même sure, peut-être que ma colère va me sauver, comme elle l'a souvent fait.
Ma saine colère me rend lucide sur ce que je refuse : devenir la connasse, là. Faire souffrir mon Complice, car il merite mieux que ça.
La colère me dit donc : " vas y fonce, attrape moi ces putains de personnage à la con et fou les moi au tapis qu'ils ne nous emmerdent plus, il y a autre chose à faire que ce faire emmerder par la maladie, tu as à être heureuse, à construire ta vie, tes projets, VOS projets;"

Oui elle me dit ça ma colère, et je l'aime pour ça!
Vive la colère et les tremblements (sourires)







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