C'est une quête, un peu ma quête du Graal, celle de bien d'autres
personnes aussi, chacun entame cette quête pour des raisons bien différentes.
Dans mon cas, c'était une question de survie.
Elle a commencé très tôt cette quête pour moi. Ado dépressive
"sans raison" apparente je ne me souviens pas avoir passé un jour
loin du mal-être. Je ne pourrais pas dire que je m'y étais habitué, mais elle
était ma compagne du quotidien.
Je n'ai pas choisi mes études pour rien: "Psycho" qui
voulais-je soigner? Mes parents? Moi? Ma généalogie?
Tout ce qui pouvait l'être je crois... Quelle charge ai-je donc
mis sur mes frêles épaules...
Des études de psycho donc et très vite j'ai compris que cela
n'allait pas me soigner. Alors j'ai pris rendez vous chez un psychologue, et
j'ai commencé à peler l'oignon de mes souffrances.
Depuis il y a eu un certain nombre de psy, des heures de parole...
Et puis rien, ça n'allait pas vraiment mieux, voire même cela allait plus mal.
Jusqu'à ce qu'on me dise " La vie ne se vit pas sur le canapé
d'un psy..."
Là j'ai tout plaqué, mec d'abord, job ensuite, et pays...
Je suis partie un peu loin puis beaucoup plus loin en quête de moi
même.
Une précision, à cette époque j'avais commencé un travail avec une
autre thérapeute qui n'est pas psy mais qui a une approche plus corporelle, ce
travail m'a aidé à "oser partir", oser cette aventure.
Je suis donc partie, puis revenue, certains connaissent déjà une
parti de ce qui s'est passé durant mon voyage.
J'ai rencontré la folie. Une étonnante rencontre que j'avais
toujours redouté. Je me souviens plus jeune de matinées passée à rêvasser dans mon lit
où je me disais "non je ne deviendrai pas folle, non!"...
Je ne suis pas devenu folle mais je me suis confrontée à la folie,
surement était-ce que je cherchai dans cette quête : le bout de moi même. Je
l'ai trouvé. Et rien que pour cela le voyage valait le coup d'être vécu. Ce
n'est pas sur le divan d'un psy que j'aurai pu l'éprouver.
Depuis ma rencontre avec la folie, j'ai toujours eu peur de
rebasculer dedans... Inexplicable crainte, peu fondé puisque je suis une
personne plutôt solide. C'est bien pour cette raison que j'ai pu expérimenter
cela, car je suis solide.
Mais je connais aussi ma fragilité, mes fragilités... encore plus
depuis.
La folie a exercé sur moi un certain attrait. Il y a dans cet état
(en tout cas dans mon expérience) une forme de liberté extrême, certes une très
dangereuse liberté mais jouissive.
Attention, je voudrais que mon propos ne soit pas déformé, je ne
dis pas que la folie libère. Mais la mienne m'a laissé cette impression. Lors
des mes heures de furieuse folie j'étais totalement inadaptée au monde qui
m'entourait, il n'y avait plus de convention sociale, plus de bien plus de mal.
J'ai eu des comportements totalement inadmissibles du point de vue social,
moral... J'étais dans le destructeur chaos.
Qu'est-ce que la folie ? C’est d’avoir des pensées
incohérentes et la conduite de même.
(Voltaire, Dictionnaire
philosophique Folie.)
J'ai franchi toutes les limites que mon hyper adaptation m'avait conditionné
à ne jamais franchir.
J'ai donc basculé d'un extrême à l'autre.
D'une hyper adaptation à une hyper inadaptation.
Depuis cette expérience les mois sont passés, les années même
(déjà).
Ma quête a évolué : du bout de moi même à présent j'en cherche je centre : ce point précis ou l'équilibre parfait est atteignable.
Voilà ce que je veux profondément pour l'ensemble des dimensions
de ma vie que ce soit professionnelle, amicale, personnelle, amoureuse. Trouver le point d"équilibre.
oui, Je veux trouver l'équilibre, je veux arrêter le métronome qui me
jette d'un extrême à l'autre :
Du tout au rien,
Du plus au moins,
De la folie à la raison...
Or ma volonté ne peut décider de cet état, elle seule ne suffit
pas... J’ai beau y mettre toute ma concentration, mes souhaits, utiliser des prières, des pierres, des marabouts…
Je me
continue à osciller, dans une moindre amplitude grâce à ces années de travail
sur soit, mais tout de même les oscillations perdurent.
Comment faire donc?
Trouver le nœud… Bien...
Je crois l’avoir trouver
hier avec l’aide de ma thérapeute « non conventionnelle ».
Je lui racontais ma semaine d’intense travail qui m’a totalement
épuisée, vidée, laminée.
"Pourquoi ce non respect de soi même encore une fois", m’a-t elle
demandé. Ce thème nous le connaissons bien elle et moi me concernant. Celui de
la folie aussi.
Au fil des discussions elle me pose la question fatale :
-
« Mais
au fond que voulez-vous pour vous ? »
-
La
paix
-
D’accord.
Et ce vous ferait quoi t’attendre cette paix ?
-
Je m’emmerderai
grave ! Vous voyez c’est ça mon problème je passe toujours d’un extrême à
l’autre. Je ne trouve pas l’équilibre. Et là encore, l’équilibre, l’équilibre mental…
Voilà le nœud : comment pourrai-je trouver l’équilibre dans
ma vie si Je ne possède pas l’équilibre mentale ? Ou plutôt si je ne suis pas intimement rassurée et convaincue de celle-ci. Comment pourrait-je éprouver cet chose alors que je redoute son opposé, me croyant capable d'y replonger.
Nous avons donc travaillé
sur ce sujet.
Je suis sortie de son cabinet en RESSENTANT DANS MON CORPS cet
équilibre mental en question. Pour la première fois de ma vie, je sais car je le
sens que je suis une personne saine d’esprit, et que la folie n’est pas héréditaire.
Je suis équilibrée. (ce sujet est une préoccupation depuis longtemps cf :
Ma quête ne s’achève pas là, elle ne s’achèvera jamais, sinon je
jour de ma mort, mais hier elle a pris un nouveau tournant. Un sacré tournant.
Une nouvelle couche de l’oignon vient de tomber ! Suivante !
Rires !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire