C'était un beau matin d'hivers, le soleil était clair. Cette matinée silencieuse contrastait étrangement avec l'état intérieur de Lisa.
Les larmes l'avaient réveillées. Ses larmes, celles qu'elle contenait à coup d'heures supplémentaires, de mails professionnelle, de tâches professionnelles diverses et variées qui quand elle prenait le temps de regarder trouvait totalement futile.
Les semaines, et les mois de focalisation exclusive sur le travail, avaient fini par l’épuisée, lui permettant d'atteindre encore une fois ces limites pour ainsi se permettre d’arrêter, d'abandonner, de capituler.
Arrêter de faire semblant de ne pas sentir la solitude, abandonner l’extrême contrôle dans lequel elle s'enferme, capituler car il n'y a pas de guerre, que celle qu'elle se fait à elle-même.
Assisse dans le parc face au bac à sable pour quelques gamins jouaient, elle se sentait terriblement seule. Elle aurait voulu se mettre à courir et à crier, hurler pour laisser sortir d'elle toutes la tristesse que les larmes n'avaient pas pu effacer, à peine soulager un peu.
"Tout tourne autour d'un bac à sable" se dit-elle, un pale sourire s'esquissa, puis disparu sous un flot de pensée.
Pourquoi s'être arrêtée dans ce parc face au bac à sable alors qu'elle les détestait?
Tous les événements de ces derniers mois tournaient autour du même sujet qu'elle s’efforçait d'éviter. Mais l’épuisement ayant vaincu toute résistance, là aujourd'hui elle ne pouvait plus éviter, tourner la tête pour regarder autre chose, pour faire semblant pour faire croire. "Merde je suis une femme moderne après tout" pestât-elle contre elle même.
Pourquoi s'être lancé dans ce job de fou, on l'avait pourtant bien prévenu: " tu verras par contre ils travaillent comme des fous, tu peux faire une croix sur ta vie perso." Elle se remémora sa réponse, le moment où elle prononça ses mots, comme si à ce moment là quelque chose s'était inscrit quelque part. "De toute façon pour ce que ma vie perso contient... Autant travailler dans une boite ambitieuse."
"Qu'ai-je celé par cette phrase?"
La prédiction s'était avérée vraie et pour s'intégrer, pour que ce travail fonctionne, elle avait souscrit et s'était elle aussi mise à travailler comme une folle. Elle avait enchaînée les semaines de 50h, de 60h, les journées de 11h parfois 13... Elle avait bien conscience à chaque fois d'entamer son capital vie, mais cela ressemblait au "prix à payer"...
"Parque qu'il y a toujours un prix à payer" se dit-elle en regardant un enfant tomber par terre suite à une tentative d'escalade.
Les heures faites lui valait aujourd'hui d'avoir la confiance de ses responsables, d'être respectée, écoutée et considérée. Elle aurait pu regarder cela avec fierté et satisfaction, mais elle n'y arrivait pas. Une vieille croyance engamée venait s'immiscer dans sa vie, toujours mettant cette épée de Damocles en permanence au dessus de sa tête : "Du droit de vie tu devras t'acquitter".
En avait-elle conscience de la présence de cette épée et de l'état de tension permanente dans lequel elle vivait?
Face à ses mères de famille et à leur enfants qui jouaient, elle n'osait bouger. Regarder, être témoin... Ce n'était pas ça qu'elle voulait, ce n'était pas à cela qu'elle aspirait. Elle voulait passer de l'autre coté du bac à sable, celui des mamans, qui assisses regardent leur progéniture jouer, apprendre, grandir...
Devenir mère.
De quel droit d'entrée faudrait-il s'acquitter pour y prétendre?
Alors pour le coup, tu n'as aucun droit d'entrée à payer. La vie, on te l'a donné, c'est gratis, tu l'as et tu la donneras à ton tour.
RépondreSupprimerJ'aurais tellement de choses à dire en écho à ce texte ! Trop sans doute. La vie n'est pas facile, il faut se battre pour rester en vie, et pour la vivre comme on en a envie. Parce qu'on est pas tout seul, et que si on veut manger, faut chasser la bête qui elle, ne veut pas mourir. C'est l'ultra violence de la vie. Mais tu as droit a tout ce dont tu as envie. Toutes tes envies son légitimes. Et puis tu es suffisamment forte et intelligente pour trouver Ton chemin, le dessiner à Ta façon, trouver Ton bonheur. la vie n'est ni une courses, ni un concours, c'est juste la vie. Tu as le temps qu'il te faut. "On n'a qu'une vie, mais si on s'y prend bien, ça devrait suffire. " ;)
Aude
Texte beau et dur qu'est le tien. Une chose à retenir de ce que Aude a écrit, ce sont ces T majuscules et majestueux. Ils sont symboles de Ta Liberté. On s'ôte cette liberté dans nos comparaisons journalières avec ce que les Autres ont et que nous n'avons pas. Et ceci peut induire une extrème souffrance. Mais cela n'enlève en rien tes envies si tu arrêtes de comparer, elles seront là et se réaliseront car tu le veux.
RépondreSupprimerMais Vouloir n'est pas Pouvoir et peut-être qu'à cet instant T, tu ne peux pas. Les cartes ne sont pas réunies mais cela viendra
Je ne sais pas si tu connais Alexandre Jollien mais c'est un auteur que j'affectionne particulièrement. Si jamais tu as l'occasion
Amicalement
Ludo