Je n’avais pas envie de faire l’apologie de la douleur, pourtant elle s’impose à moi : un plaisir si facile dans lequel j’aime à me perdre ? Un plaisir sordide et malsain ? Oui sans doute ! Mais un exutoire, aussi, oui aussi et surtout un exutoire, un moyen de jeter au dehors ce qui a l’intérieur me ronge, me dévore depuis des années !
Alors oui un moyen de l’exprimer, toujours mettre des mots sur des maux ! Plus qu’un besoin, aujourd’hui une nécessité, sinon je pourrai en crever.
Connaissez-vous la profondeur de la douleur, l’ivresse du mal, l’ivresse des maux : comme une sensation de pourrissement de l’être intérieur, un poids permanent dans le cœur, l’âme et le corps. Une asphyxie lente mais permanente. Ce poids qui vous cloue au fond du puits. Vous êtes là dans un silence assourdissent, un de ces silence si bruyant qu’il fait mal.
Vous êtes là donc criblés de balles invisibles qui vous empoissonnent, petit à petit seconde après seconde, et ce depuis toujours.
C’est comme le venin d’un serpent qui vous paralyse, mais vous êtes conscient de votre état.
Je suis au fond du puits.
Il y règne une odeur de mort : la putréfaction des membres, la putréfaction de l’âme, le début de la folie.
Il fait froid. Un froid glacial et perçant, un froid qui vous maintient éveillé en permanence.
Il fait froid.
Resterai-je au fond du puits ?
Suspendu dans ce non-monde, un monde d’inexistence, de négation, de dénégation.
Douleur et haine sont les rois et reines de ce royaume obscure.
Et moi je suis à leur service, esclave de leurs supplices, de leurs vices.
Je suis là suspendue au fond du puits, tétanisée, effrayée mais consciente, pendant que reines et rois me violent, m’abusent, s’amusent de ma liberté…
« Tu te crois libre de nous quitter ?! Nous voyons bien ton regard accroché à ce mince halo de lumière, la sortie. VAS-Y SORT ! » me lancent-ils en riant.
Un moment d’espoir, j’essaie de bouger, de respirer, d’avancer…
…
…
Sortir du puits, partir, vivre…
…
…
Impossible, impossible.
Je me résigne. Je resterai au fond du puits …
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