Même les plantes sont tristes, elles deviennent toutes jaunes et finissent par perdre leurs feuillages. Le ficus que j'ai depuis quelques années dépéri. Suis-je à l'image de ces plantes sans toi ? Est-ce parce que cette rupture est progressive ? Est-ce parce que je me rends compte que nous nous écrivons de moins en moins ? Ou bien est-ce parce que tu me manques ?
Cette histoire a été si belle. Elle m'a fait tant de bien. Mais aurait-elle été identique si je ne t'avais pas rencontrer à ce moment précis où j'étais en pré-crise ? C'est une question à laquelle il n'y aura jamais de réponse. L'amour et la bipolarité font bon ménage !
Quand je t'ai rencontré c'était comme si je te connaissais déjà, nous avions passé tellement d'heure à nous raconter par vocaux interposés. Des heures et des heures de vocaux. Le jour où tu t'es présenté devant ma porte c'était comme si je t'avais quitté hier, ça a tout de suite été évident, fluide et drôle. Tout de suite tu m'as fait rire, tu es entré dans un grand coup de vent dans ma vie. C'était agréable, joyeux, beau et bon. Et surtout c'était vivant. La vie que je trouvais dans ton rire cristallin. Rien que t'entendre rire me donnait le sourire. Et puis il y a eu cette excursion à Montbazon, c'était fin avril, il faisait doux et beau. ON est allé faire cette chasse au trésor à la forteresse de Montbazon. J'ai envie de garder le souvenir de cette rencontre comme un cadeau précieux. On n'a parlé de plein de choses, je me sentais bien en ta compagnie, j'étais heureuse. Mais il y avait quelques bizarreries dans mon attitude, les premiers symptômes... Il y a eu ce fou rire que j'ai eu dans le bar où nous avons bu une bière sans alcool pour moi. Tu as ri aussi. Les gens autour de nous nous regardait en souriant. J'ai tellement ri. C'était bon.
Vais-je retrouvé ce rire ? La maladie me l'a enlevé. La gravité ultime m'a rattrapé depuis le dernier épisode.
Plusieurs fois je me suis demandée quelle version de moi tu avais rencontré. De part l'état particulier dans lequel j'étais. J'étais une version de moi beaucoup plus libre et fun. Tu me disais que je t'avais touché, je ne sais pas bien comment.
Je veux garder ces moments en mémoire, ne pas les laisser s'effacer. Tu as été tellement attentionné, mon sauveur. C'est bien parce que tu es un sauveur que je te perds, je ne suis plus à sauver à présent, c'est l'autre qui doit être sauver et pourtant tu n'y peux rien. Tu es impuissant.
Il y a eu le moment aussi où j'ai dévalisé Gifi à la petite Madelaine, encore un symptôme d'achat compulsif. La bombonne d'hélium ne m'a pas servi jusqu'à présent... Ni le jeu de quille, ni le pistolet en plastique, ni les ballons. J'avais des idées de grandeurs, je voulais fêter le 1er mai. Je l'ai fête à l'hôpital et alors ce n'était pas très festif.
Avec toi j'ai pu être la version de moi que j'aime : une femme piquante, drôle, exubérante, un peu fofolle. Je veux la retrouver. Ce n'est pas que toi que je perds, je perds aussi une part de moi, une part de celle que je pouvais être avec toi. Tu me manques et je me manque.
Il y a eu ce cocktail sous le maronier, ce fut un moment magique, dans le jardin de la résidence; Et puis après nous avons fait l'amour, c'était magique. Notre premier fois fut si belle, si pur, si innocente. J'en garde un souvenir impérissable.
Et puis après, quand j'ai été hospitalisé tu as fait des pieds et des mains pour retrouver ma trace, un vrai Sherlock Holmes ! Tu voulais savoir, tu voulais me sauver. Ton meilleure rôle! Et tu as réussi. Tu m'as fait une play liste pour me divertir. Tu m'as aider à démonter la tête de mes démons en musique. Tu m'as aidé à sortir de l'hôpital qu'on avait baptisé Foudlard, L'école des sorcier un peu fou. Grace à toi cette épisode n'a été qu'un remous et pas un cataclysme.
Il y a eu mon anniversaire aussi. La surprise que tu m'as préparé, cette chanson, "tu peux compter sur moi "
Et puis il y a eu nos vacances, deux jours sans nuage, jusqu'à ce qu'elle fasse une crise de jalousie... Et de là ça a été de mal en pire. Jusqu'à notre rupture. Ou plutôt jusqu'à son interdiction de nous voir.
Nos vacances furent belle aussi. Dans la voiture tu m'as fait ton cours sur l'énergie. Nous avons bu une bière au bar. Le soir nous avons terminé les reste des lasagnes que tu as cuisiné pour moi. Il y a eu ton discours sur le front de parietaux. J'adore t'écouter me parler de sciences, de biais cognitifs ou d'astronomie. Et puis il y a eu notre randonnée sur le chemin des douaniers. La découverte de la plage de naturiste, ca tombait bien , nous n'avions pas de maillot de bain. J'ai aimé notre insouciance, nos rires, notre gène aussi un peu. J'ai passé des vacances formidables grâce à toi. La suite a été moins drôle puisqu'à partir de là elle ne voulait plus te partager. Aout à été notre acmé. Et puis il y a eu la descente lente et progressive. Mai j'étais déjà amoureuse de toi. Cette amour m'a fait tellement de bien. Tu es un mec en or, moi aussi si tu m'avais choisi j'aurai eu du mal à te partager avec d'autres.
Merci Judi pour tout ce que tu m'as apporté. Merci mon aimant.